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Actu/News avril 2026

« Truly Naked » : quand le cinéma post-#MeToo rejoue le procès du porno de manière idiote

Le premier long-métrage de Muriel d'Ansembourg est sorti en salles avec une interdiction aux moins de 16 ans. Il raconte l'histoire d'un adolescent qui filme les ébats de ses parents à leur insu — une prémisse en apparence audacieuse, mais qui tourne rapidement au réquisitoire caricatural contre l'industrie du X.

Un film qui veut trop prouver

Le problème de « Truly Naked », c'est qu'il semble moins intéressé par ses personnages que par sa thèse. Chaque scène devient une démonstration. Le porno y est traité comme un poison qui corrompt les familles, les corps, les esprits. Résultat : une œuvre pamphlétaire qui manque la complexité de son sujet.

Les rares critiques féministes qui ont pris le film au sérieux ont d'ailleurs souligné ce paradoxe : vouloir interroger le regard pornographique en reproduisant exactement ses mécaniques de voyeurisme, c'est se tirer une balle dans le pied.

Le débat qu'il aurait pu ouvrir

Pourtant, les questions que le film soulève méritent mieux qu'un traitement aussi simpliste. Comment parler du porno à ses enfants ? Quelle place prend-il dans les représentations de la sexualité chez les adolescents ? Ce sont de vraies questions, qui appellent de vraies réponses — pas un film-manifeste fermé sur lui-même.

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